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Mélusine tricote… : Chroniques d'une tricoteuse 'New Generation' » L'IDD » L’IDD #13 : June & Lula.

L’IDD #13 : June & Lula.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Il y a quelques mois, au détour d’une page sur un site musical (vous le savez maintenant, outre le tricot, ma vie est aussi faite de musique), je suis tombée amoureuse… Amoureuse de deux voix, qui se mêlaient, se démêlaient, se ré-emmêlaient, s’entremêlaient… pour n’en devenir plus qu’une. Je venais d’écouter My Girl, une chanson entraînante aux accents coquins, et de découvrir par la même occasion ses deux interprètes, Céline et Tressy à la ville, June & Lula sur scène. Pour vous, les deux jeunes artistes ont accepté de répondre à l’IDD. Bonne lecture.

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Crédits : Claudine Oury

Mélusine tricote… : Bonjour June, bonjour Lula, merci à vous deux d’avoir accepté cette interview pour Mélusine tricote…

June : Merci à toi, c’est un plaisir.

Mélu : June, qui es-tu ?

J : Je suis petite et bouclée, j’ai commencé la musique par le violoncelle, le tricot avec ma maman dans ma jeunesse, et je suis aujourd’hui guitariste chanteuse pour ma Lula.

Mélu : Et toi, Lula ?

Lula : Pour ma part, j’ai commencé la musique par le chant, depuis toute petite, et plus récemment je me suis ouverte à d’autres instruments, notamment le piano et la flûte traversière. C’est difficile de se définir en quelques lignes, mais je pense que le son qui se dégage de nos instruments révèlent beaucoup de notre personne.

Mélu : Comment définiriez-vous « June & Lula » ? Comme une troisième personnalité créée par celles de chacune d’entre vous ?

J : Exactement ! Notre duo fonctionne sur un équilibre entre nous, une espèce de moyenne qui naît de nos personnalités opposées. Comme deux aiguilles qui tricotent, ou deux couleurs qui s’entremêlent pour en créer une troisième.

Mélu : « Lula », vous l’avez dit à plusieurs reprises dans vos interviews, c’est en référence au film de David Lynch. Quels points communs ont la « Lula » de « Sailor & Lula » et la « Lula » de « June & Lula » ?

L : Je ne sais pas s’il y en a, à mon avis avoir des points communs avec un personnage sorti tout droit d’un film de Lynch témoignerait d’une sacrée folie, je ne lui ai pris que le nom (rires).

Mélu : (Rires) June, tu confirmes ?

J : Oui ! (rires)

Mélu : Et « June », c’est pour quoi ? Les délices du mois de Juin ? (rires)

J : June est tombé(e) du ciel.

Mélu : Quand on écoute vos chansons pour la première fois, on ne peut que rester bouche bée devant l’harmonie parfaite de vos deux timbres de voix. Personnellement j’ai été séduite tout de suite, c’est un pur enchantement pour les oreilles. Quand et comment vous êtes-vous rendues compte que vos deux voix s’accordaient aussi bien ?

J : On avait un groupe de rock dans lequel j’étais bassiste et Lula chanteuse. Quand j’ai commencé à faire des chœurs, on s’est rendues compte que ça fonctionnait bien, on a eu envie d’approfondir le travail de nos deux voix.

Mélu : Pourquoi avoir choisi de chanter toujours en même temps, en superposant vos voix, plutôt que de chanter l’une après l’autre, comme dans un duo classique ?

J : Parce que nous aimons le mélange de nos voix et parce que nous insistons toujours sur l’égalité entre nous deux : pas de leader dans le groupe, donc pas de voix lead.

L : J’ajouterais aussi que le projet s’est crée à partir de cette envie de mélanger nos voix, ça nous paraissait donc moins intéressant de chanter l’une après l’autre. De plus, chaque chanson que nous composons nous permet de mettre en place de nouvelles choses, de nouveaux jeux entre les voix.

Crédits : Claudine Oury

Mélu : Dans les critiques qu’on peut lire sur vous deux dans les magazines spécialisés ou sur le Net, on vous qualifie principalement de « Simon & Garfunkel  au féminin » et d’« Everly Brothers en jupe courte ». Vous reconnaissez-vous dans ces définitions et comment vous définiriez-vous vous-même ?

J : Ce sont de bien jolies comparaisons qui nous font très plaisir.

L : Je ne sais pas si on s’y reconnait, parce que ce ne sont pas forcément ces groupes-ci qui nous ont inspirés, mais la comparaison est très flatteuse. C’est très difficile de se définir et de mettre sa propre musique dans un genre, dans une case.

Mélu : Votre premier album « Sixteen Times » est dans les bacs depuis le 2 Novembre 2010. Pouvez-vous nous en parler ?

J : Nous sommes arrivées en studio (ICP Bruxelles) avec des maquettes guitare-voix, tous les arrangements ont été réalisés par J.F. Berger et Jean-Pierre Bucolo. Ce dernier est un grand guitariste français, reconnu pour avoir travaillé avec Renaud, Cabrel et j’en passe. C’était un honneur de travailler avec lui.

Mélu : Qui écrit et compose vos chansons ?

J : Nous écrivons et composons toutes les deux. Tous les morceaux ont été écrits et composés ensemble. Si l’une amène quelque chose, on le modifie ensuite à la sauce June & Lula, le résultat est donc toujours le fruit d’un travail commun.

L : C’est justement ce qui est intéressant dans un duo, c’est de pouvoir tout mettre en commun pour au final créer quelque chose qui n’aurait jamais pu exister sans l’une ou sans l’autre.

Mélu : Avez-vous des thèmes de prédilection et si oui, lesquels ?

J : Nous sommes deux jeunes filles, ce qui nous amène à aborder souvent des thèmes autour de la femme. Que ce soit l’homosexualité, la condition de la femme, nous discutons souvent de ces choses-là et cela se ressent dans nos chansons.

L : Il n’y a pas vraiment de fil conducteur qui relie nos chansons, si ce n’est qu’elles racontent toutes une histoire autour d’un personnage  — histoires qui finissent pour la plupart d’entre elles assez mal.

Mélu : Pourriez-vous écrire, demain, sur un tricoteur ou une tricoteuse ?

J : Oui pourquoi pas ! Nos textes partent toujours d’un personnage, il se pourrait bien qu’il tricote !

L : Ou sinon, on pourrait inventer un personnage qui tuerait des gens avec ses aiguilles à tricoter… (rires)

Mélu : Pourquoi ?

J : Le tricot est assez connoté, moi je vois une scène familiale dans un salon où la grand-mère, la mère et la fille, dans des fauteuils moelleux au coin du feu, seraient en train de tricoter. C’est un joli cadre. Et puis il pourrait y avoir un jeu de voix illustrant les aiguilles qui jouent entre elles ou la laine qui s’entremêle… Il y a de la matière.

Mélu : De la matière et surtout beaucoup d’idées, à ce que je vois. Vous bouillonnez d’idées, les filles ! J’adore le coup de la tricoteuse psychopathe…
Est-ce que vous savez tricoter ?

J : J’ai appris il y a longtemps mais j’avoue n’avoir jamais achevé un tricot…

L : J’ai su le temps d’une écharpe … Mais la tâche est un peu compliquée, d’autant plus que je suis une gauchère entourée de tricoteurs droitiers.

Crédits : Claudine Oury

Mélu : Ah oui, la tâche est ardue alors. Je n’ai jamais enseigné le tricot à des gauchers, et pour dire la vérité, je ne saurais pas comment m’y prendre…
Justement, qui vous a appris, et comment ça s’est passé, vos premières mailles ?

J : C’était ma mère, qui avait appris avec sa mère. Dans la famille, on est très « activités manuelles le dimanche », il y a eu un temps ou mes sœurs et moi avons appris à tricoter.

L : C’est aussi ma mère qui m’a appris, les premières mailles sont apparues avec lenteur !

Mélu : Lula, tu dis que ton premier tricot était une écharpe. Comment était-elle ? Tu avais quel âge ?

L : Très colorée, j’avais autour de 14 ans, en fait c’était plutôt un col qui se fermait avec un bouton, pratique !

Mélu : Et tu l’as toujours ?

L : Non, je l’ai perdue, je perds absolument tout (rires).

Mélu : Et toi June, ton premier tricot, tu t’en souviens ?

J : J’avais commencé un pull bleu, mais je n’ai vraiment pas été loin.

Mélu : Pas facile de commencer par un pull, c’est une grande pièce et ça peut décourager les débutantes !
Quelle image avez-vous du tricot en général ?

J : Ça doit être une activité très apaisante. Je décrivais tout à l’heure une scène très cliché mais je ne m’arrête pas à cela. Pour moi c’est la douceur de la laine, la lenteur de la réalisation, donc la patience, les gestes répétitifs qui doivent calmer et détendre.

L : C’est une activité minutieuse, elle est effectivement perçue comme « vieillote », mais dès que l’hiver arrive, tout le monde envie celui qui porte un pull tricoté maison !

Mélu : Si tant est que vous en aviez le temps, est-ce une activité que vous aimeriez pratiquer ?

J : Oui, pour tout ce qui vient d’être dit, et pour le côté pratique : vêtements chauds, sur mesure, avec la fierté de l’avoir fait soi-même. C’est aussi un très beau cadeau je pense, que d’offrir un tricot qu’on a réalisé.

L : Pourquoi pas ? J’aime beaucoup la couture, ça me détend, ça focalise l’esprit : le tricot a sûrement le même effet.

Mélu : Aux États-Unis, le tricot est très très en vogue et les stars s’affichent avec leurs aiguilles à la main. C’est quelque chose que vous pourriez faire ?

J : Si je tricotais, oui.

L : Pareil pour moi.

Mélu : De plus en plus d’hommes tricotent aujourd’hui. Quel sentiment ça vous inspire ?

J : Ça me plait beaucoup. J’aimerais voir un homme tricoter, je n’en ai jamais vu !

L : Je ne vois pas pourquoi ce serait une activité uniquement pour les femmes.

Mélu : Alors un homme qui tricote a toutes ses chances avec vous ?

J : A priori il a ses chances, oui. Ce qui est sûr, c’est que le fait qu’il tricote ne me repousse pas !

L : Oui, ce n’est pas un critère qui m’importe beaucoup, les gens font ce qu’ils veulent.

Mélu : Si je devais créer un tricot « June & Lula », comment devrait-il être ?

Merci les filles !

J : Question difficile… Il faudrait allier des laines très colorées avec des mailles très compliquées, des motifs précis, en tous cas une bonne prise de tête (rires).

L : De jolis motifs minutieux sur un pull dans une forme assez simple.

Mélu : Pratiquez-vous d’autres loisirs créatifs ?

J : J’ai fait de la broderie un temps, je brodais sur mes vêtements. J’ai fait pas mal de mosaïques, de pyrogravure, de couture. Maintenant je suis plutôt dessin et peinture.

L : J’aime beaucoup coudre, faire des vêtements, mais surtout les découper, j’appelle ça la folie des ciseaux… Sinon la peinture, le cinéma et les livres sont des activités qui me passionnent beaucoup.

Mélu : Que diriez-vous aux lectrices et lecteurs de Mélusine tricote… pour leur donner envie de tricoter en écoutant votre album (profitez-en, c’est votre minute promo ;-) ) ?

J : Je pense que c’est un album qui s’écoute dans le calme, posément, donc ça convient bien à une séance de tricot.

L : Je suis tout à fait d’accord

Mélu : Où pourra-t-on vous applaudir prochainement ?

J : Voici nos prochaines dates.
30/01/2011 Sala BBK – Bilbao (SP)
03/02/2011 La Cave aux Poètes – Roubaix Cedex 1 (59)
04/02/2011 Le Forum – Vauréal (95)
05/02/2011 Cabaret Electric – Le Havre (76)
11/02/2011 Café Charbon – Nevers  (58)
12/02/2011 Festival les hivernales – Nyons  (CH)
09/03/2011 Marius Staquet – Mouscron  (BE)
11/03/2011 Espace Culturel Marcel Pagnol – Aubevoye  (27)
12/03/2011 Espace Lino Ventura – Torcy-Marne la Vallée  (77)
17/03/2011 La Laiterie – Strasbourg  (67)
18/03/2011 Le Médiator – Perpignan  (66)
19/03/2011 Le JAM – La Chapelle sur Erdre  (44)
26/03/2011 L’Omega Live – Toulon  (83)
08/04/2011 Trianon Transatlantique – Soteville les Rouen  (76)
13/04/2011 Festival – La Teste de Buch  (33)
16/04/2011 Le Poste à Galène – Marseille  (13)

Mélu : June et Lula, merci beaucoup pour votre disponibilité et pour le temps que vous m’avez accordé. Je vous souhaite tout le meilleur pour votre album, et pour vos projets musicaux en général.

L : Merci ! C’était un plaisir !

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Téléchargez légalement l’album de June & Lula sur iTunes.
Retrouvez June & Lula sur leur site officiel, MySpace, et Facebook.

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3 Réponses pour "L’IDD #13 : June & Lula."

  1. Stef dit :

    Super jolies voix ! Esprit folk vraiment agréable ! Une bien belle découverte ! Merci Mélu !

  2. Elénia dit :

    J’adore ! Jolie découverte pour moi aussi… Très belle interview !

    1. Mélusine dit :

      Merci les filles !

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