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L’IDD #17 : Kandid.

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Chers lecteurs, chères lectrices,

La première IDD de 2012 est consacrée à un artiste auvergnat qui tricote les mots et les cordes de sa guitare pour en faire de jolies chansons (de celles que vous entendez une fois et qui vous trottent dans la tête pendant des jours, parole de Mélu). Un artiste aux airs fragiles et à l’univers (faussement ?) naïf, qui n’a de candide que son nom de scène. Un artiste à découvrir absolument. L’invité du blog aujourd’hui, c’est Kandid.

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Crédits : Guillaume Trouvé

Mélusine tricote… : Bonjour Kandid, bienvenue sur Mélusine tricote… Merci beaucoup de te prêter au jeu de l’IDD.

Kandid : Bonjour, et merci à toi ! J’espère que je serai à la hauteur…

Mélu : Mais oui, bien sûr ! En tant que fan des contes philosophiques de Voltaire, la première question que j’ai envie de te poser, c’est s’il y a un rapport entre ton nom de scène et son Candide.

K : En effet, il y a un rapport avec le Candide de Voltaire. Dans ce conte comme dans mes chansons, on retrouve souvent la notion de quête existentielle… C’est un thème qui me tient à cœur. Mais au départ, j’ai surtout choisi ce nom de scène pour la signification anglaise du mot « candid » (= « franc, sincère, qui ne cache rien ») ; ça corres-

-pondait bien avec ce que je souhaitais faire passer à travers ma musique, en particulier sur scène… quelque chose de spontané, direct, sans tricherie.

Mélu : Kandid, qui es-tu ?

K : Euh… tu commences d’entrée avec des questions difficiles ! (rires)

Mélu : Oui, je sais (rires).

K : Dans la vie de tous les jours je m’appelle Nicolas Driot, je suis Auvergnat, j’ai 34 ans, et je suis papa depuis peu…

Mélu : Félicitations.

K : Merci. Kandid est l’une des facettes de Nicolas Driot (une des facettes les plus sympathiques !). Au fil du temps, cette facette s’est affinée, et Kandid est finalement devenu un personnage à part entière. Il vit sa vie, et moi la mienne ! On a décidé d’un commun accord que c’était plus sain pour tout le monde… Kandid, c’est un peu comme un costume que je mets avant de monter sur scène. Et en même temps, c’est un costume qui me ressemble tellement que parfois on s’y perd quand même…

Mélu : Comment décrirais-tu ton univers musical ?

K : Je dirais qu’il s’agit d’un univers poétique, intimiste, qui s’adresse aux émotions… Musicalement, c’est un mélange de pop, de folk et de chanson française.

Mélu : J’ai écouté plusieurs fois ton album « À qui veut l’entendre…» (j’en profite d’ailleurs pour remercier ton manager de me l’avoir envoyé. Olivier, si tu me lis ;-) ), et je ressors toujours très apaisée de cette écoute. La musique est douce, les mélodies sont calmes et dépouillées, la voix est posée. Est-ce un album à ton image ?

K : Oui bien sûr, je pense que cet album me ressemble… Ça me paraît difficile de faire autrement, sinon les chansons manqueraient de sincérité, tout simplement ! Je suis plutôt d’un tempérament calme et doux, et cela se ressent forcément à l’écoute de l’album… J’écris des chansons avant tout parce que ça m’apaise moi-même, un peu comme des petites berceuses personnelles, mais je suis toujours très heureux (et flatté) quand elles font du bien aussi aux autres ! Dans ces cas-là, je me dis que ce que je fais n’est pas complètement inutile…

Mélu : Peux-tu nous parler un peu plus de cet album ?

K : C’est un album qui s’est construit sur plusieurs années, en se nourrissant de belles rencontres, musicales et humaines… J’ai eu la chance de collaborer avec beaucoup de musiciens talentueux (18 au total ont participé à l’aventure, sans compter la chorale d’enfants). On peut notamment citer Ludwig Martin (guitariste de Kaolin), ou Guillaume Aldebert et deux de ses musiciens (dont Christophe Darlot, qui a assuré les prises de son, la réalisation, une bonne partie des arrangements, le mixage…). L’idée était d’avoir des orchestrations plus variées, plus riches que pour «Les Premiers Pas», mon premier album sorti en 2005… Chacun a posé sa petite pierre à l’édifice, sans pour autant dénaturer mon projet… Hormis le quatuor à cordes et la batterie qui ont été enregistrés en studio, toutes les autres prises de son ont été faites à la maison, principalement entre Clermont-Ferrand et Besançon.

Mélu : C’est toi qui écris tes chansons ?

K : Pour la plupart oui, que ce soit pour les textes ou pour la musique… Sur l’album, il y a cependant le titre « La Surface des Choses » que j’ai co-écrit avec un ami. Pour les arrangements par contre, j’ai souvent besoin d’aide…

Mélu : Qu’est-ce qui t’inspire ?

K : La vie… et au risque de passer pour quelqu’un d’égocentrique, je dirais en particulier la mienne ! (rires) Même si tout n’est pas purement autobiographique, mes propres émotions sont — hélas ! — souvent le point de départ de l’écriture…

Mélu : Hélas ? Pourquoi hélas ? Toutes tes émotions ne sont pas négatives, j’espère !

K : Toutes mes émotions ne sont pas négatives, heureusement ! Mais j’aimerais être moins dépendant d’elles pour l’écriture… pour pouvoir écrire simplement en observant le monde, avec plus de détachement, sans être nécessairement « émotionnellement impliqué ».

Mélu : Mes deux coups de cœur de ton album, c’est La place du mort et À qui veut l’entendre… Toi-même, as-tu une chanson fétiche, une à laquelle tu tiens particulièrement dans cet album ?

K : En fait non, pas vraiment… Mes chansons, c’est un peu mes enfants, je tiens à chacune d’elles ! (rires)

Mélu : Dans Sous ton pullover, tu écris :

Sous ton pullover, j’ai passé tout l’hiver
à me tricoter des rêves, des rêves de coton
[...]
J’aurais voulu entrevoir une fin heureuse à ma chanson,
à ma petite histoire, histoire de pas vous filer le bourdon.
Mais une maille a dû m’échapper et j’ai perdu le fil des saisons.
L’été a fini par filer un bien mauvais coton
me laissant là tout nu comme un…
Je me suis demandé, que vaut la vie sans ton pull
[...]

Alors, que vaut la vie sans mon pull ? (rires)

K : Actuellement, ça me vaut un bon rhume ! (rires)


Merci Kandid pour la super dédicace !

Mélu : Plus sérieusement, pourquoi cette métaphore filée sur le filage et le tricot ?

K : Pour avoir une interview de Mélusine Tricote, bien sûr ! (rires)

Mélu : Ben bravo, tu as réussi ton coup (rires).

K : J’aime les métaphores, les textes imagés, qui laissent une place à l’imaginaire. La poésie permet ça, d’embellir des choses banales, de donner aussi parfois plusieurs sens de lecture. Cette chanson parle du côté éphémère et imprévisible de la vie et des relations : une minute d’inattention et on perd le fil, une maille, et tout fiche le camp. Je trouvais que cette métaphore collait bien pour parler de ça. Et puis j’avoue, j’ai toujours aimé « emprunter » les pulls de mes petites amies… (rires)

Mélu : Quelle image as-tu du tricot en général ?

K : Une image pas forcément très  jeune, j’avoue… C’est bête, on a tous des stéréotypes.

Mélu : Donc pour toi, une fille qui tricote, c’est …

K : …ma grand-mère… ou au mieux ma maman, pour faire une écharpe à son petit-fils…

Mélu : Attention, tu vas t’attirer les foudres de toutes les jeunes tricoteuses, là. Tu en es conscient ? (rires)

K : Oui… Je m’en excuse par avance ! En fait, c’est juste l’image qui me vient en premier. Mais finalement, en me concentrant bien, j’arrive à imaginer de charmantes jeunes tricoteuses… (rires).

Mélu : Les hommes sont de plus en plus nombreux à se mettre au tricot, et à le revendiquer. En tant qu’homme, que penses-tu de ce phénomène ?

K : Après tout, pourquoi pas ! Je pense que toutes les activités qui demandent du calme et de la concentration sont très saines, surtout à notre époque, où tout va tellement vite. Tout ce qui va dans le sens d’un ralentissement et d’une prise de conscience du moment présent devrait être encouragé: que ce soit la méditation, la pêche, la lecture, le tricot…

Mélu : Toi-même, tu pourrais te mettre au tricot ?

K : Je crois que ça serait difficile pour moi.

Mélu : Pourquoi ?

K : Parce que je ne suis pas du tout manuel ! Je suis très maladroit. Je suis plus un cérébral, je préfère tricoter des mots, ça fait moins de casse (rires)

Mélu : Ah ça, c’est pas dit (rires). Les grands couturiers ont remis la maille à la mode. Aimes-tu porter la maille et si oui, en portes-tu souvent ?

K : Oui, j’aime ça… Ça m’arrive de temps en temps !

Mélu : Tu ne pouvais pas me répondre non, de toutes façons. J’ai une preuve indéniable : cette photo. Tu peux m’en parler ?

K : C’est une photo de moi à l’âge de 2 ou 3 ans, à laquelle je tiens beaucoup… Ce petit ensemble et le bonnet avaient été tricotés par ma grand-mère ! Elle a été très émue d’ailleurs lorsque je lui ai envoyé l’affiche. J’avais la classe là-dedans, n’est-ce pas ?

Mélu : Hihihi, oui !

K : Je me suis également servi de cette photo pour le visuel de mon 1er album, dont le thème principal était l’enfance.

Mélu : Je suis styliste tricot main. J’ai déjà créé un modèle « Marilyn ». Si je voulais créer un modèle « Kandid », un modèle à ton image, qui te ressemble, ça serait quoi ? Un pull ? Un bonnet ?… Un slip ? (rires)

K : Je pense qu’un bonnet collerait parfaitement bien ! J’ai toujours une casquette ou un bonnet sur scène.

Mélu : Tu peux me décrire ce bonnet ?

K : Pas facile à décrire… En tout cas, il serait soit écru soit vert foncé. Pour le reste il faudrait que je t’envoie une photo ! (rires)

Mélu : As-tu une anecdote tricot à nous faire partager ?

K : Un jour, j’ai reçu dans ma boîte à lettres un très joli bonnet tricoté par une fan !

Mélu : Ah ben tu vois qu’il existe de jeunes tricoteuses !

K : C’était un vrai bonnet « Kandid »… Malheureusement, j’ai fini par le perdre.

Mélu : Dommage… Tes prochaines rencontres avec ton public, c’est où et quand ?

K : Je serai à Paris le 22 Janvier, à l’ « International »… D’autres dates sont à venir (voir sur www.myspace.com/kandidmusic), mais je suis plus en mode « préparation d’un nouvel album » qu’en mode « tournée » actuellement. La nouvelle galette est prévue pour fin 2012 !

Mélu : Bonne nouvelle ! Tu viendras nous en parler ici, j’espère. Tu m’invites à un de tes concerts si je te tricote un beau bonnet ? (rires)

K : Avec grand plaisir ! D’ailleurs, tu es invitée à vie si tu me tricotes un vrai bonnet Kandid ! (rires)

Mélu : Hihihi, va falloir que j’y pense alors ! Que dirais-tu aux lectrices de Mélusine tricote… pour les convaincre d’acheter ton album (profites-en, c’est ta minute promo ;-) )

K : « À Qui Veut l’Entendre… » : album tricoté main, avec 13 petites aiguilles pour vous titillier les oreilles et le cœur Mesdames (et Messieurs) !
On peut se le procurer aux concerts ou le commander sur Internet : www.kandid-music.com !

Mélu : Le mot de la fin ?

K : Merci Madame Mélusine !

Mélu : Merci à toi d’avoir accepté si gentiment de répondre à mes questions ! Bonne chance pour les concerts à venir et pour le nouvel album.

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Retrouvez Kandid sur son site officiel, MySpace, Facebook et Twitter.

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Une Réponse pour "L’IDD #17 : Kandid."

  1. Monsieur M. dit :

    Comme d’hab’, tu es gèniale

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